Présentation de la charte Africaine de la jeunesse
Les jalons de la charte africaine de la jeunesse furent jetés lors du sommet des Chefs d’Etats et de gouvernements en 1999, à Alger. C’est ainsi que la Commission de l’Union Africaine, en vue de son plan stratégique quinquennal (2004-07), met l’accent sur le développement et l’autonomisation de la frange de la population la plus vive et la plus importante du continent que représentent les jeunes (40%).
Cette charte, constituée d’une trentaine d’articles, a été adoptée pendant la septième session ordinaire de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernements, tenue le 02 juillet 2006 à Banjul, Gambie.
Le développement, l’autonomisation et l’engagement de la jeunesse constituent les principaux objectifs de la dite Charte. Mais parvenir à ceux-ci implique des droits, des devoirs, des responsabilités et libertés dont cette jeunesse doit pouvoir jouir.
La Charte africaine de la jeunesse s’articule autour de quatre axes essentiels. Le premier porte sur l’importance de l’éducation. Le bien être et l’accès à l’emploi pour les jeunes constituent deux autres axes centraux de cette charte. Et quant au dernier axe, il met l’accent sur l’engagement des jeunes dans l’arène politique en vue de vulgariser une culture de la paix et de la tolérance en Afrique.
L’éducation occupe une place de choix, à juste titre, dans ces doléances. Celle-ci doit mettre l’histoire de l’Afrique, de façon objective, au coeur des programmes d’enseignement. Car « tout peuple qui renie son histoire est condamné à sa perte », dit Joseph Ki Zerbo.
La promotion sociale passe par le droit d’accès à l’enseignement de qualité pour tous les enfants du continent gratuitement. Pour cela, il y a lieu de doter les zones urbaines et rurales d’équipements éducatifs adéquats. Mieux, il faudrait une réforme profonde du système éducatif afin qu’il ait une compatibilité entre les formations offertes et la demande du marché de l’emploi. Les instituts techniques de formation doivent être implantés dans le milieu rural où nombre de jeunes africains sont sans qualification. La Charte africaine de la jeunesse prône l’équivalence des diplômes afin de rendre possible la mobilité des étudiants et travailleurs qualifiés dans les Etats parties.
L’éducation va de pair avec la santé, le bien être. Dans cette optique, la charte soutient le droit à la sécurité sociale, aux soins gratuits pour tous et toutes. Elle s’insurge aussi contre certaines pratiques coutumières mettant en danger la santé ou la vie des jeunes filles ou femmes surtout. Le fléau que constitue le VIH SIDA gagne du terrain au sein de la population jeune, d’où la nécessité absolue de sensibiliser les jeunes dans les centres éducatifs ou par les médias sur les risques de cette maladie contagieuse. La seule alternative à l’ expansion de ce fléau est, bien entendu, l’usage des préservatifs. Le sens de responsabilité doit prévaloir à ce niveau.
L’éducation et le bien être sont des socles importants pour tout développement humain. Toutefois, l’autonomisation des jeunes passe par l’accès au marché de l’emploi. Les exigences de ce dernier, actuellement, sont telles que la réadaptation du système éducatif s’impose.
Il est évident que le chômage de masse constitue une source potentielle de conflits en cette période d’apprentissage démocratique en Afrique. Il faut des programmes ambitieux à l’échelle nationale voire continentale pour éradiquer le chômage des jeunes. Les politiques gouvernementales devraient graver cet objectif majeur au coeur de leurs actions durablement. Le secteur informel offre surtout des emplois précaires. Il serait rationnel d’accompagner celui-ci ou de le réguler en assistant, financièrement et techniquement, les jeunes porteurs de projets. Les capitaux financiers, techniques et sociaux de l’importante diaspora africaine peuvent être mobilisés pour cette cause vitale en faveur des jeunes du continent africain, selon la Charte africaine de la jeunesse. L’acquisition de bonnes conditions de vie pourrait amorcer la socialisation des jeunes.
L’engagement des jeunes ou la socialisation des jeunes s’effectue au travers des activités socio éducatives, de l’activisme au sein de la société civile. Il est important de fournir des informations aux jeunes sur le civisme et les responsabilités qui sont les leur dans la réalisation d’un destin commun et assumé.
A partir du moment où les conditions démocratiques s’y prêtent, il serait nécessaire d’associer les jeunes aux prises de décisions politiques dans les différentes instances du pouvoir (municipal, législatif, exécutif, voire au sein de la Commission de l’Union Africaine).
Cette socialisation des jeunes peut être un instrument d’éducation pour la paix, contre la violence qui fragilise nombre de contrées en Afrique. Quant on sait que ce sont les cadets sociaux : jeunes qui sont marginalisés car écartés du champ politico-économique qui sont en première ligne sur les champs de guerre sous la coupe des entrepreneurs politiques et seigneurs de guerre.
Il faut tout mettre en oeuvre, selon la Charte africaine de la jeunesse, afin de parvenir à une culture de la paix, de la tolérance, au refus de toutes formes de discrimination en Afrique. Elle déconseille aussi l’usage des stupéfiants par les jeunes et prône des traitements humains pour les contrevenants à la loi. La pratique des arts tels le théâtre, la musique, le sport, peut être utile pour consolider cette culture de la paix.
La Charte africaine de la jeunesse, référence pour les gouvernants des Etats membres et partenaires, constitue un guide majeur de promotion des jeunes du continent africain. Elle définie les droits, devoirs et libertés de ceux-ci afin de les responsabiliser en vue de leur développement et leur autonomisation.
Cependant, la satisfaction des doléances exposées dans cette charte peut-elle servir à contenir le départ massif des jeunes africains vers l’occident ? Cette charte a t-elle fait l’objet d’intense consultation sur le terrain afin de mieux rapporter les préoccupations fondamentales des jeunes du continent africain ? Sera-t-elle "appliquée" ?

Commentaires
Toussaint AHOMAGNON le 04/04/2008 à 18:13:37J e constate avec plaisir que vous faites beaucoup pour la jeunesse à travers la charte africaine.
Votre site est bien élaboré et offre une élégante navigation.
Donnez-nous souvent de vos nouvelles et surtout ne baissez pas les bras
Foncez.
Notre reponse (20/04/2008)
Merci cher ami Toussaint, ton message nous encourage. Au fait comment tu as découvert le site?